Personnage de papier

 

Témoignage d’un professeur d’Université

 

(L’ex pape) Benoît XVI a publié un livre nommé Jésus de Nazareth. Des médias considérés comme intellectuels (Le Monde, Le Nouvel Observateur) y ont consacré des dossiers. Qu’a-t-on constaté ? Un défilé niais d’approbations, censé être pimenté par la présence d’un  »libertin » (Sollers), d’un  »agnostique » (Luc Ferry), d’un  »protestant » (Daniel Marguerat). De même, pour Noël, les magazines ont regorgé de dossiers sur la vie de Jésus,  leur suprême audace consistant à affirmer ce qu’ils croient être le nec plus ultra de la recherche : distinguer le  »Jésus de l’histoire », et le Christ de la foi. Bref, la  »démythologisation » des années 1930 comme nouveau lieu commun, acceptée sans discussion, alors même qu’elle enferre dans une impasse, comme si on cherchait le tombeau du petit Chaperon rouge.

Jamais les journalistes ne disent ces vérités élémentaires de la sociologie : que l’immense majorité de ceux qu’ils présentent comme  »experts » sont d’abord et avant tout des employés d’institutions d’Église. Attention, il ne s’agit nullement de suspecter leur bonne foi, de dénoncer la manipulation, comme le font les officines libre-penseurs criant au complot. Il s’agit seulement de dire clairement que, dans nos pays, l’immense majorité des chercheurs sur le christianisme sont des croyants, qui, par simple bon sens psycho-social, ne peuvent mettre en doute une  »vérité », la croyance à l’existence historique de Jésus, dont l’absence les détruirait psychiquement, affectivement, socialement. Des média, fort attrayants, comme Le Monde des religions, bien loin d’être  »neutres », donnent la parole à des professeurs d’université, certes, mais presque tous croyants (et pour cause).

Et pour cause, car les non-croyants ne s’intéressent pas aux textes bibliques.

 

Personnage de papier dans Culture alfred-loisy

 

Loisy (personne, hors spécialistes, n’a salué sa mémoire, condamné, exclu, par le pape de 1907), Las Vergnas, Raymond Fau sont introuvables en librairie, difficilement en bibliothèques, inconnus du grand public (et même Albert Schweitzer, qui affirmait en 1906 que Jésus était une figure créée par la foi, n’a jamais été traduit en français!). De même est introuvable Bernard Dubourg, édité pourtant par Gallimard. Je cite là des travaux qui n’ont rien de commun dans leurs méthodes et leurs résultats, si ce n’est un travail sérieux sur les textes, en dehors de toute croyance à une quelconque historicité.

Remarquez comment toujours revient la petite phrase qui protège soigneusement toutes les discussions de la  »dérive » : « il est bien entendu, aux yeux de tous les savants sérieux, que personne ne met en cause l’existence réelle de Jésus ». Et il est à craindre que le  »dialogue inter-religieux », ne renforce cette approche qui semble aller de soi, que des textes puissent  être  »divins »,  »révélés »,  »inspirés » !

On se souvient de la rengaine que Pasteur a entendu pendant toute sa vie : il est évident qu’il y a « génération spontanée ».

 

Comprendre le Christ comme personnage de papier, c’est-à-dire comme œuvre remarquable du génie humain

De même que nous comprenons facilement, grâce au remarquable livre de Mireille Huchon (Louise Labé, une créature de papier, Droz, 2006) comment les poèmes dits de Louise Labé sont issus au XVIe siècle d’un groupe passionné de littérature, de même que le Père Dominicain Mandonnet avait montré avec des arguments fort convaincants que la Béatrice de Dante n’avait d’autre identité que d’être la figure personnifiée de la vocation religieuse (Mandonnet, Dante le théologien, 1935), de même que Glen W. Bowersock a pu rappeler récemment combien à l’époque du Christ la  »fiction comme histoire » était un genre littéraire (Le  »mentir-vrai » dans l’Antiquité, Bayard, 2007), de même que j’ai pu montrer (Philosophie de Rousseau, 3 vol., Aréopage, 2006) comment il n’y avait aucune différence, dans les écrits de Rousseau, entre ouvrages de  »théorie » et ouvrages de  »fiction » (et cela pour des raisons bien différentes de celles qu’avait pu imaginer Paul de Man, le maître de Derrida) ; de même il faut désormais ouvrir la  voie à des travaux qui prennent en compte ce que les orthodoxies et les habitudes, les intérêts et les conventions récusent par principe : l’invention textuelle de la figure de Jésus-Christ par le travail admirable de groupes inconnus, connaissant par cœur la Bible juive et nourris de (mé)connaissance d’autres langues, sans cesse entre jeux de mots et  »prise-au-propre » dans une narration, des symboles de la religion précédente. C’est bien parce que Jésus n’a jamais existé que l’invention de sa figure ouvre une telle nouveauté ni littéraire, ni philosophique, ni artistique, ni morale, ni symbolique, mais tout cela à la fois, dans une œuvre qu’il est urgent de rendre à tous les humains.

Cinquante ans après les Mythologies de Roland Barthes, puis après une trentaine d’années de structuralisme, qui allaient sans doute trop loin dans l’exaltation des mécanismes de l’écriture mais qui avaient le mérite de mettre enfin le nez sur la présence du texte, son épaisseur, son fonctionnement, comment comprendre que la pensée occidentale et la pensée française en particulier n’ait pu accéder à une intelligence non morale du texte de la Bible ? Comment ne pas déplorer cette misérable réduction au degré zéro de l’herméneutique ?

 

Nanine Charbonnel

 

Nanine Charbonnel est professeur à l’Université Marc-Bloch (Strasbourg-II)

Cet article a été rédigé le 11/02/2008 pour le site :

http://www.lechampdumidrash.net/index.php?lng=fr

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NOTE

Il est évident que dans cet article Nanine Charbonnel évoque les textes premiers, ceux qui ont été récupérés, traduits, trahis, complétés par des élucubrations diverses afin d’en masquer les origines. Mais l’important n’est pas là, cette étude d’une universitaire de haut niveau montre surtout que depuis 1700 ans l’Occident est victime d’un mensonge, un mensonge qui a pourri la vie de centaines de millions de personnes.

 



Benjamin de Tudèle à Jérusalem

 

Relation de voyage

Après avoir parcouru la Provence, le rabbin Benjamin de Tudèle,  parti de chez lui vers 1160, s’est embarqué à Marseille pour Gênes. Il parcourut l’Italie, puis il gagna la Grèce via Otrante. Son périple le mena à Constantinople où il fut peut-être témoin du mariage de l’empereur Manuel avec Marie d’Antioche à la fin de l’année 1161. Ensuite il visita Samos, Rhodes, Chypre, une partie de l’Anatolie.

Il est difficile de savoir en quelle année il visita Jérusalem, car son récit ne suit pas exactement son itinéraire. On sait qu’il était en Perse en 1163.

Dans sa description du Liban, Benjamin évoque un récent tremblement de terre qui fit 20.000 morts. Il y eut deux séismes dans le secteur, un en août 1157 et un second le 29 juin 1171. Quoiqu’il en soit, son séjour eut lieu entre 1162 et 1172. A cette période régnait Amaury I, le frère de Baudouin III, et le patriarche était Amaury de Nesle.

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Description de Jérusalem

C’est une petite ville munie de trois murailles et fort peuplée de Jacobites, de Syriens, de Grecs, de Géorgiens et de Francs de toute langue et nation. Il y a une maison où l’on fait de la teinture, que les Juifs possèdent, ayant eux seuls le droit de faire de la teinture, moyennant une certaine somme qu’ils payent tous les ans au roi. On compte dans cette ville environ deux cents Juifs, qui demeurent sous la tour de David, dans un coin de la ville. Pour ce qui est de la muraille de la Tour de David, il ne reste environ que dix coudées de haut sur les fondements de cet ancien édifice bâti par nos pères. Tout ce qui est au-dessus est l’ouvrage des Ismaélites. Il n’y a point d’édifice dans toute la ville plus fort que cette tour.

 

(Hospitaliers et Templiers)

Il y a encore à Jérusalem deux hôpitaux d’où sortent quatre cents chevaliers, et où l’on reçoit tous les malades qui y viennent, auxquels on fournit tout ce qui leur est nécessaire soit pour la vie, soit pour la mort. On appelle le second hôpital : de Salomon. Ce fut le palais qu’a bâti le roi Salomon autrefois. Dans celui-ci demeurent et en sortent quatre cents chevaliers toujours prêts pour la guerre, outre les chevaliers qui viennent du pays des Francs et des Edomites, qui ont fait des vœux, et qui y restent quelques années, jusqu’à ce que leur vœu soit accompli.

 

(Le Temple)

Là est aussi ce grand temple qu’on appelle Sepolcro, qui est le tombeau de CET HOMME.

Il y a à Jérusalem quatre portes : la porte d’Abraham, la porte de David, la porte de Sion et la porte de Josaphat, vis à vis de la maison du Sanctuaire, qui était là autrefois. C’est là qu’est le « Templo Domino » qui a été autrefois un lieu sacré sur lequel Omar, fils d’ Al-Khotaab avait bâti une grande et parfaitement belle voûte, où les gentils n’osent point mettre d’images, ni aucune ressemblance, mais y viennent seulement pour y faire leurs prières.

A l’opposite de cet endroit, à l’occident, est une muraille qui est un reste de celle du temple, et même du Saint des Saints ; on l’appelle la porte de la Miséricorde. Tous les Juifs vont prier devant cette muraille, à l’endroit où était le parvis.

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Il y a encore à Jérusalem, dans cette maison qui a été autrefois à Salomon, les écuries que ce roi a fait bâtir : c’est un bâtiment très solide, tout de grandes pierres ; on ne voit nulle part ailleurs un bâtiment semblable.

On y voit encore aujourd’hui le canal où l’on égorgeait autrefois les victimes. Tous les Juifs y écrivent leurs noms sur la muraille.

En sortant de la porte de Josaphat, on trouve le désert des peuples, où était la statue de Jad-Absçalom, le sépulcre du roi Ozias, et la grande fontaine des eaux de Siloé, auprès du torrent de Kedron. Sur la fontaine est un grand édifice bâti du temps de nos pères ; on n’y trouve que fort peu d’eau, la plupart des habitants de Jérusalem ne buvant que de l’eau de pluie, qu’ils reçoivent dans les citernes qu’ils ont dans leurs maisons.

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Tombe d’Absalon (antique.prints.de)

 

De la vallée de Josaphat on va à la montagne des Oliviers, qui n’est séparée de la ville que par cette vallée.

De cette montagne on découvre la mer de Sodome, qui n’est éloignée que de deux parasanges de la statue de sel en laquelle fut changée la femme de Loth. Quoique les troupeaux qui passent lèchent continuellement cette statue, elle recroit néanmoins toujours et devient comme elle était auparavant ; on voit aussi de là toute la plaine et le torrent de Sittim, jusqu’au Mont Nébo.

 

(Découverte archéologique et destruction de vestiges par l’église romaine)

Devant Jérusalem est la montagne de Sion, sur laquelle il n’y a point d’autres édifices qu’un temple des nazaréens (chrétiens). Il y a encore devant Jérusalem trois espèces de cimetières des Israélites, où ils ensevelissaient autrefois leurs morts, entre lesquels il y a un tombeau qui a sa date gravée. Mais les Iduméens les démolissent et en tirent les pierres pour bâtir leurs maisons.

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Mont Sion (photo Bonfils 1880)

Aschkel.info

Tout autour de Jérusalem il y a de grandes montagnes. Sur le mont de Sion sont les sépultures de la maison de David et des rois qui ont régné après lui. Mais personne ne connaît cet endroit ; car il y a environ quinze ans qu’une muraille du temple qui est sur le mont de Sion étant tombée, le patriarche ordonna au prêtre de rebâtir cette église, et lui dit de prendre des pierres de l’ancien mur de Sion pour cet effet, ce que ce prêtre se mit aussitôt en devoir de faire. Il laissa une vingtaine d’ouvriers qui arrachaient les pierres des fondements de la muraille de Sion.

Parmi ces ouvriers, il y en avait deux, entre autres, très bons et très fidèles amis. Un jour un de ces deux ayant régalé son camarade, et tous deux étant retournés un peu tard à leur ouvrage, celui qui les commandait leur dit :

« Pourquoi venez-vous si tard ? »

A quoi ils répondirent :

« qu’est-ce que cela te fait ? nous travaillerons pendant que nos camarades iront manger. »

En tirant donc de ces pierres, ils en tirèrent entre autres une sous laquelle ils trouvèrent l’entrée d’une caverne ou grotte. Là-dessus ils se dirent l’un à l’autre : « Allons voir si nous trouvons quelque trésor. »

Ils entrèrent donc dans la caverne jusqu’à ce qu’ils parvinrent à un grand palais, bâti sur des colonnes de marbre, tout couvert d’or et d’argent.

D’abord s’offrit à leur vue une table et un sceptre d’or, avec une couronne d’or. C’était le tombeau de David, roi d’Israël ; à gauche était celui de Salomon ; et même ceux de tous les autres rois de Juda qui y ont été ensevelis. Il y avait aussi des coffres fermés, et personne ne sait ce qu’ils contiennent.

Ces deux hommes voulurent entrer dans le palais ; mais voici qu’un vent impétueux, qui venait de l’entrée de la caverne, les terrassa de telle sorte qu’ils tombèrent à terre comme morts, et demeurèrent là jusqu’au soir. Alors s’éleva un autre vent, et comme une voix d’homme qui leur cria :

« Levez-vous, sortez d’ici ! »

Ces ouvriers, tout effrayés, se hâtèrent de sortir, et vinrent raconter le tout au patriarche. Celui-ci fit venir R. Abraham ‘Hasid, ou le Pieux, de Constantinople, un de ceux qui pleurent Jérusalem, et lui raconta tout ce qui était arrivé à ces deux hommes. R. Abraham répondit :

« Ce sont les tombeaux des rois de la maison de David et des rois de la maison de Juda. »

Le lendemain, on renvoya s’informer vers ces deux hommes, qu’on trouva l’un et l’autre gisant dans leurs lits et disant :

« Nous n’avons garde de retourner en ce lieu, car l’Eternel ne veut pas que personne voit ces choses. »

Alors le patriarche fit boucher l’entrée de la caverne, pour cacher cet endroit aux hommes jusqu’à ce jour. R. Abraham le Pieux m’a confié lui-même toute cette histoire.

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La vallée du Cédron (antique.prints.de)

Notes:

Les noms Iduméen et Edomites désignent les chrétiens en tant que descendants symboliques d’Esaü le frère de Jacob, appelé aussi Edom.

Sur Benjamin de Tudèle, voir:

http://akhsahcalebunblogfr.unblog.fr/2011/01/25/benjamin-de-tudele-a-posquieres/

http://akhsahcalebunblogfr.unblog.fr/2011/03/30/benjamin-de-tudele-a-lunel/

La traduction du texte par E. Carmoly et Ed. Charton, a été publiée dans La revue orientale, Bruxelles 1841.

L’oeuvre a été numérisée par Marc Szwajcer pour le site: http://www.remacle.org/ 

 

 

 

 

 



Pélerinage royal en Palestine

 

Voyage en Orient, 1861

Présenté par Neutrinos

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Voici quelques extraits du récit de voyage que fit, en 1861 au Moyen-Orient, le Comte de Chambord. Dans l’introduction de ce récit, publié aux éditions Tallandier en 1984, Arnaud Chaffanjon précise :

« Ses observations géographiques, politiques ou ethniques, même avec leur partialité et tout ce qu’il y a de conventionnel dans leur style, ne manque pas d’intérêt et apportent une pièce nouvelle à un dossier qui n’est pas près de se refermer »

Mais qui était ce noble voyageur ?

Henri de France, duc de Bordeaux et comte de Chambord, était le petit-fils du roi Charles X, le fils du duc et de la duchesse de Berry. A ce titre, dernier prince de la branche aînée des Bourbons, il aurait pu régner sur la France sous le nom d’Henri V. A lire ce journal de voyage, on peut estimer que les Français l’ont échappé belle.

A l’époque de son Voyage en Orient, le Comte de Chambord vit en exil à Froshdorf en Autriche. Il quitte ce lieu avec une suite de seize personnes le 23 septembre 1861.

Après avoir visité Constantinople, Rhodes, et Chypre, le groupe aborde à Beyrouth.

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Le Liban

Dans son introduction Arnaud Chaffanjon écrit :

« Une des parties les plus intéressantes est sans aucun doute la description de la situation du Liban en 1861. Le narrateur y passa la journée du 9 octobre 1861, dans un Beyrouth meurtri, ensanglanté, livré aux luttes sectaires et fratricides, tiraillé par les intérêts européens et toujours inévitable enjeu des uns et des autres. Lorsque le Prince arrive au Liban, le pays se relève à peine des tragiques affrontements de 1860, dus à l’opposition de deux communautés. Les paysans maronites s’étaient révoltés contre les grands propriétaires et leurs privilèges. Mais les Druzes prirent peur devant les revendications des Maronites. Leur crainte se traduisit par les massacres des chrétiens dans le nord du Liban, qui firent 25.000 victimes environ, en 1860. »

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Beyrouth au XIX° siècle, J-L-Ph. Coignet (insecula.com)

Journal du Comte de Chambord

9 octobre 1861

Beyrouth est sur une langue de terre qui s’appuie au pied du Liban. (…) Le port, qui n’en est pas un (c’est une rade ouverte), est à peu près protégé par une mauvaise jetée. (…)

Dans la partie haute de la ville est un fort avec une caserne ; c’est là qu’est la demeure du Pacha.

Beyrouth a 45.000 habitants, dont un tiers seulement de mahométans. (…)

En tout la population non chrétienne du Liban n’est que de 74.000 hommes. Les chrétiens maronites sont 250.000 au moins ; en tout avec les Grecs, les Arméniens, etc., il y a 364.000 chrétiens dans tout le Liban et l’Anti-Liban. 370 bourgs ou villages sont habités seulement par des maronites, 287 ont une population mêlée. (…)

Ce n’est qu’à la hauteur de Beyrouth que les Druzes commencent à être mêlés aux maronites. (…)

Les missionnaires protestants, soutenus par l’Angleterre qui fait les plus grands efforts pour prendre pied dans ce pays essentiellement catholique et français, travaillent avec activité à faire des prosélytes : ils en gagnent quelques uns à prix d’argent. (…)

Les puissances européennes se jalousent et cherchent à se nuire les uns aux autres ; l’Angleterre veut gagner du terrain en soutenant les Turcs et protégeant les Druzes. (…)

Les Druzes sont mécontents ; ils trouvent que les Turcs ont accaparé tous les fruits de ces affreux massacres et qu’eux-mêmes y ont plutôt perdu que gagné.

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Lac de Tibèriade, dessin de Loffler, 1849

De Khaïfa à Tibériade

12 octobre 1861

Le soleil se cache derrière les montagnes du Carmel, la chaleur diminue et le temps devient très agréable. (…) Nous nous engageons dans une des extrémités de la plaine d’Esdrelon qui est couverte d’une épaisse couche de terre et ne manque que de bras pour être mieux cultivée.

Cette plaine et la grande vallée du Jourdain pourraient, si le pays n’était pas si désert et surtout s’il y avait une administration régulière, retrouver toute la fertilité qu’elles avaient autrefois. (…)

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Nazareth, aquarelle de David Roberts

Nazareth

13 octobre 1861

Nous voici donc arrivés à Nazareth. (…) Sur 3100 habitants, il n’y a que 580 musulmans, tandis qu’il y a mille catholiques.

Ndlr : Les 1520 habitants non identifiés ne méritent pas une mention, Juifs, Druzes, Maronites ? Ils sont sans intérêt pour le voyageur. Celui-ci ne se pose pas non plus la question sur la non conformité de la situation de la localité par rapport à sa description dans les évangiles. Toutefois une anomalie a retenue son attention :

Nous rencontrons une dame en chapeau ce qui nous étonne. C’est la femme du ministre anglican. Les protestants dépensent beaucoup d’argent pour s’introduire dans ce pays où on n’avait jamais entendu parler d’eux. Ils gagnent très peu de prosélytes : ils achètent seulement quelques enfants à prix d’or.

Et puis cet événement insolite :

Dans la journée nous voyons passer sous nos fenêtres un bataillon turc. Les soldats tout en blanc ont bonne tournure, mais ils n’ont que le fez sur la tête et ils doivent être brûlés par le soleil. Ils sont précédés d’une musique discordante. Ils se rendent, dit-on, à Gaza, pour combattre des Bédouins révoltés.

Et oui, déjà Gaza en effervescence !

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Tibériade

14 – 16 octobre 1861

La ville est située entre la montagne et le lac et elle a une enceinte massive flanquée de tours et une citadelle. Tout est lézardé et en ruines. L’intérieur est misérable et ne contient que 2.000 habitants dont 800 Juifs. (…)

L’ancienne ville était située au sud de la ville actuelle ; on voit encore des colonnes et des ruines qui indiquent la place qu’elle occupait. (…)

Le lac, autrefois mer de Génésareth, ou mer de Galilée, s’appelle aujourd’hui Bahr-el-Tabarieh. (…)

Autrefois il était superbe et environné de quinze villes florissantes. L’historien Josèphe en fait une description enchanteresse. Maintenant toutes les villes sont détruites ; il n’y a presque plus d’arbres, le pays est désolé. (…)

La végétation des bords du lac de Tibériade est celle des pays les plus chauds, comme l’Egypte ; on pourrait faire tout produire à cette admirable terre, mais les habitants sont si indolents qu’ils ne travaillent que très peu. Ils ne pêchent même point et il n’existe plus qu’une barque en mauvais état. (…)

Cette plaine fertile pourrait être d’une merveilleuse fertilité : elle est déserte. Le climat y est plus chaud encore que sur les autres rives du lac ; la canne à sucre y viendrait parfaitement : la plaine est arrosée par de petits cours d’eau. (…)

On nous fait voir l’endroit où le Jourdain entre dans le lac. (…)

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Rue de Safed (photo de la page Sfat/Safed sur facebook)

Un peu plus vers l’ouest nous apercevons Safed située sur une haute montagne. La population juive y est nombreuse ; c’est aussi une de leurs villes saintes où ils viennent d’Europe pour y mourir. Ils y ont une de leurs écoles les plus renommées. (…)

Vers le soir, je reçois une députation des rabbins et des Juifs les plus distingués de la ville dans de belles robes de toutes les couleurs les plus voyantes et avec de grandes barbes. (…) Ils sont venus pour me complimenter.

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Le puits de Jacob, région de Sichem

Aquarelle de David Roberts, 1839 (reproarte.com)

Samarie, Sichem et Naplouse

17 – 21 octobre 1861

La ville actuelle n’est qu’un misérable village de 500 habitants fanatiques et méchants qui, en général, reçoivent fort mal les étrangers, mais qui, à la vue de notre escorte, se montrent pleins de zèle pour nous et paraissent enchantés de notre visite. (…)

A 5 heures et quart du soir nous arrivons à notre campement près d’une source en dehors des murs de la ville. Le gouverneur et le colonel ne parlent que turc. Nous avons avec eux par interprète une conversation intéressante sur le pays. Le colonel a fait la campagne de Crimée ; il vient de Beyrouth et va avec son régiment à Jérusalem pour renforcer la garnison à cause d’une insurrection qui a éclaté près de Gaza ? Nous l’invitons à dîner avec nous.

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Sichem: Mont Garizim et mont Ebal

Les Samaritains conservent encore leur culte et leur fameux Pentateuque qui est de toute antiquité et qui a été toujours précieusement gardé par eux. Il est écrit en caractère phénicien. Les Samaritains prétendent l’avoir reçu des successeurs de Jéroboam. Il est essentiellement conforme à celui des Juifs, nouvelle et incontestable preuve de l’authenticité et de la vérité de ce saint livre. Il n’y a plus aujourd’hui de Samaritains qu’à Naplouse. Ils sont pauvres et font en général le métier de changeurs. (…)

 

Le 21 octobre, nous partons à 6 heures et quart du matin et nous commençons par gravir une montagne remplie de rochers, à travers un pays désolé. Toute la journée le sentier est détestable, les montagnes sont raides et semées de pierres plates très glissantes qui reluisent au soleil. Dans les vallées on chemine pendant deux heures de suite dans le lit de torrents hérissés de grosses pierres roulantes. Nous traversons ainsi les montagnes d’Ephraïm, autrefois célèbres par leurs vignobles ; maintenant ses campagnes sont abandonnées et ses villes détruites. (…)

Il serait très facile et peu coûteux de faire de très bons chemins pour les chevaux ; mais le gouvernement turc n’y songe pas….

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Jérusalem, la vieille ville en 1857

Jérusalem

22 – 25 octobre 1861

Enfin nous entrons dans la ville sainte par la belle porte de Jaffa, surmontée d’une tour flanquée de clochetons. L’entrée et les rues sont horriblement mal pavées ; les chevaux glissent à tous moments. Nous n’y faisons pas attention, tout occupés que nous sommes de notre présence dans ces lieux bénis.

Dès son entrée dans la ville, l’illustre visiteur se précipite à l’église du Saint-sépulcre et là :

Après avoir franchi la porte on trouve assis quatre ou cinq Turcs à turbans et à barbes qui gardent le Saint-sépulcre, ce qui est souverainement choquant : ils font la police dans l’église, doivent empêcher les rixes entre les différents rites et font payer une taxe pour l’ouverture de la porte. (…)

Et plus grave encore :

Derrière la chapelle du Saint-sépulcre, les Coptes se sont construits un petit sanctuaire en bois, qui est accolé au mur de la chapelle et produit à l’œil le plus mauvais effet possible. C’est une nouvelle usurpation, car il y a quelques années, les Coptes n’avaient pas pied dans l’église. Ils ont payé une assez forte somme aux Turcs pour avoir le droit de s’y introduire.

Conclusion: Et maintenant qu’ils ne viennent pas se plaindre, l’église romaine et les autres églises ne feront rien pour les défendre…

Mais les Coptes ne sont pas les seuls à agacer son altesse :

En attendant, les Grecs et les Arméniens continuent leurs envahissements, les Russes prennent pied partout, achètent des terrains, bâtissent des églises, un hospice qui est comme une forteresse et, si ça dure, sous peu nous (les catholiques) n’aurons plus rien à Jérusalem, où nous serons à peine tolérés. (…)

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Porte de Jaffa (voyageacteur.net)

Nous passons à côté de l’hôpital des chevaliers de Saint-Jean, amas de ruines, vaste terrain avec de beaux restes d’église. Les Russes depuis quelque temps sont en marché avec le gouvernement turc pour acheter ce terrain. On nous dit même plus tard que le marché est conclu. Les Grecs, les Russes, les Arméniens achètent tout, s’emparent de tout, les catholiques seuls abandonnent la ville sainte et ses précieux souvenirs.

(Il ne va plus rien rester pour les Palestiniens, mais au fait, où sont-ils ? Ils n’ont pas encore été inventés)

Cependant pour le comte de Chambord le pire est à venir, en effet , les « Evangéliques » attaquent en piqué :

On nous montre devant nous un enclos étendu appartenant aux Anglais. Ils y ont fait bâtir un temple et une école. Un évêque moitié anglican, moitié prussien y réside. Cet établissement est situé sur les ruines du palais du vieil Hérode, le meurtrier des Saints innocents. Les protestants, malgré les plus grands efforts et beaucoup d’argent répandu, n’ont pu faire que très peu de prosélytes.Ils achètent des enfants juifs ou grecs qu’ils instruisent dans leur religion.

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H. Barlett, 1845 (villemagne.net)

25 octobre

Dans l’après-midi, comme c’est un vendredi, nous allons voir les Juifs se lamenter contre un des murs du Temple. La partie inférieure de cette muraille est certainement antique. Dès les temps les plus anciens les Juifs sont venus tous les vendredis pleurer et se lamenter dans ce lieu. Au moment où nous nous y rendons, ils sont assez nombreux. Hommes et femmes, sans faire attention aux spectateurs, lisent la bible, pleurent, se frappent la tête contre la muraille, écoutent si quelque voix du ciel ne leur répond pas. Ce spectacle fait pitié et en même temps il émeut. Les Juifs payent un tribut aux Turcs pour avoir le droit de venir pleurer en ce lieu. C’est peut-être la seule fois de ma vie que les Juifs m’ont inspiré un sentiment de commisération et une sorte de respect. Ils paraissent convaincus et profondément affligés.

Nous traversons leur quartier qui est sale et a l’air misérable, 7000 Juifs sont entassés entre le mont Sion et le Temple. (…)

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Photo Marc-Israël Sellem

Bethléem

26 octobre 1861

A 7 heure et demi du matin nous partons tous à cheval par un temps magnifique pour Bethléem. Le chemin est bon, ce qui est rare en Judée. (…) La route a été récemment refaite par les Grecs auxquels appartiennent presque tous les terrains qui s’étendent de Jérusalem au couvent Saint-Elie. (…)

Bethléem est dans une charmante position, sur le sommet d’une colline qui descend en terrasses couvertes de vignes et d’oliviers jusque dans une profonde vallée. Sa population est de 5000 habitants, dont 2500 catholiques latins, 1000 Grecs, quelques Arméniens, le reste musulman.

Jéricho

29 – 30 octobre 1861

Nous traversons Jéricho, aujourd’hui Rikha, qui veut dire parfum ; c’est un groupe de masures en boue et feuillages de l’aspect le plus misérable, habitées par 200 Arabes qui passent pour voler plutôt que de travailler. (…)

Jéricho, surnommée autrefois la ville des Palmiers, était située au milieu d’une plaine très fertile. Maintenant, la large plaine, profondément encaissée entre les deux chaînes de montagnes où coule le Jourdain, n’a que quelques champs de maïs et de doura. (…)

Fin du séjour

7 novembre 1861

En traversant cette terre de Chanaan, qui tirait son nom de Chanaan, fils de Cham, dont les descendants habitèrent le pays compris entre la mer Méditerranée et le Jourdain, nous pensons à ce qu’est devenue cette Terre promise. (…)

Autrefois la Terre Sainte avait sept millions d’habitants ; maintenant toute la Syrie n’en a que 2 500 000, dont 870 000 chrétiens, et la Palestine n’en a que 300 000. (…)

Ndlr : Les deux tiers ce nombre comptait des chrétiens de toutes sortes, les Juifs, les Druzes, les Samaritains. Le dernier tiers était constitué des fonctionnaires et des soldats du gouvernement turc et de la population arabe musulmane composée en grande partie de bédouins nomades.

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Jérusalem, David Roberts 1855 (villemagne.net)

Vers Jaffa

Nous traversons la plaine de Saron, si souvent nommée dans les livres saints, autrefois très fertile, et qui le serait encore, si les Arabes voulaient se donner la peine de la cultiver. On ne voit que du sable, de rares champs de douars, des herbes flétries et quelques oliviers. (…)

La plaine de Saron est bordée d’un côté par la mer, de l’autre par les montagnes de Judée et elle s’étend de Césarée à Ramleh. C’était le grenier de la Terre promise. Maintenant il n’y a presque plus de villages ; on dit que dans la saison des pluies le chemin est à peu près impraticable.

C’était il y a 150 ans, le peuple palestinien n’avait pas encore été inventé, pourtant il y avait déjà des problèmes à Gaza, et ce n’était pas de la faute des Juifs.

Les missionnaires commençaient à envahir le terrain

Voir aussi:

http://akhsahcalebunblogfr.unblog.fr/2011/10/06/palestine/



Palestine ?

 

Des Philistins aux Palestiniens

Par Neutrinos

Le 9 janvier 2009, j’imprimais un article publié par le professeur Dufour sur son site :

http://www.modia.org/

Je ne connais pas la date à laquelle cet article a été mis en ligne. Le professeur Dufour écrit :

 » Je reçois ce mail, et vous le transmets. A chacun de penser ce qu’il veut sur chaque point, je ne me substitue pas à la pensée des lecteurs :

 Qui sont les Palestiniens ?

Par Yashito Sagamori (consultante en informatique à New York – 2003)

Si vous êtes si sûr que l’existence de la « Palestine » remonte très loin dans l’Histoire, je suppose que vous serez capable de répondre aux questions qui suivent sur ce pays, la « Palestine » :

1) Quand a-t-elle été fondée et par qui ?

2) Quelles étaient ses frontières ?

3) Quelle était sa capitale ?

4) Quelles étaient ses principales villes ?

5) Quelles étaient les bases de son économie ?

6) Quelle était la forme de son gouvernement ?

7) Pouvez-vous nommer un chef palestinien avant Arafat ?

8 ) La Palestine a-t-elle déjà été reconnue par un pays dont l’existence, à l’époque ou aujourd’hui, ne laisserait aucune place à l’interprétation ?

9) Quelle était la langue de la Palestine ?

10) Quelle était le nom de sa monnaie ? Choisissez une date dans l’Histoire, et citez le taux de change à cette date de la monnaie palestinienne contre le dollar US, le mark allemand, la livre britannique, je yen japonais ou le yuan chinois.

12) Quels objets archéologiques les Palestiniens ont-ils laissés ?

13) Connaissez-vous une librairie où l’on pourrait trouver une œuvre littéraire palestinienne produite avant 1967 ?

14) Enfin, puisqu’un tel pays n’existe plus, quelle a été la cause de sa disparition, et quand a-t-il disparu ?

Si vous vous lamentez sur le «lent naufrage» de cette nation autrefois «fière», pourriez-vous dire quand, exactement, cette « nation » a été fière, et de quoi elle était fière ?

Et maintenant, la moins sarcastique de toutes les questions : si cette population que vous appelez par erreur « palestinienne » n’est pas seulement constituée d’Arabes génériques mais en grande partie d’Arabes provenant ou plutôt expulsés du monde arabe alentour, « sous le mandat anglais plus de 200.000 sont venus d’Arabie précisément, pour s’installer avec promesses d’un monde meilleur », si elle possède vraiment une identité ethnique qui lui donnerait un droit à l’autodétermination, pourquoi n’a-t-elle jamais essayé d’accéder à l’indépendance avant qu’Israël n’inflige aux Arabes une défaite cuisante lors de la guerre des Six-Jours ?

 

J’espère que vous éviterez la tentation d’invoquer un lien entre « les Palestiniens » actuels et les Philistins de la Bible : substituer l’étymologie à l’Histoire ne saurait être de mise. (Voir note)

La vérité devrait être évidente pour qui veut la connaître. Les Arabes n’ont jamais abandonné le rêve de détruire Israël : ils continuent de le chérir.

N’ayant pu détruire Israël par la force militaire, ils tentent aujourd’hui de le faire par procuration. A cette fin, ils ont créé une organisation terroriste qu’ils ont  appelée non sans cynisme le « peuple palestinien » et qu’ils ont installée à Gaza, en Judée et en Samarie. Autrement, comment expliquez-vous le refus par la Jordanie et l’Egypte, après la guerre des Six-Jours, d’accepter inconditionnellement de reprendre l’une la « Cisjordanie » et l »’autre Gaza ?

Le fait est là, la population arabe de Gaza, de Judée et de Samarie est bien moins fondée à revendiquer un statut national, que la tribu d’Indiens américains qui s’est rassemblée avec succès dans le Connecticut pour y créer un casino détaxé : au moins cette tribu était-elle motivée par un but constructif. Les soi-disant « Palestiniens », eux, n’ont qu’une motivation : la destruction d’Israël, et de mon point de vue, cela ne saurait suffire à haire d’eux une nation ni rien d’autre à l’exception de ce qu’ils sont vraiment : une organisation terroriste qui finira par être démantelée…. »

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Note :

Le nom de Palestine

Ce nom provient effectivement du nom hébreu des Philistins :

PeLeSheTh  – פלשת

On croit que ceux-ci étaient issus des îles de la mer Egée, peut-être des Crétois. Ils disparurent en tant que peuple vers l’an 700 avant l’ère commune lors des conquêtes du roi de Ninive Sennachérib, celui qui échoua devant Jérusalem défendue par le roi Ezéchias. Plus tard le roi Josias reconquit les plaines de la Philistie, et ces « Palestiniens d’origine disparurent de la scène de l’Histoire.

On se souvient d’eux et de leurs exploits ; leur province côtière a gardé leur nom

En l’an 135, l’empereur Adrien exhuma la vieille appellation pour effacer à jamais le souvenir de la Judée et de la Samarie. Contrairement à ce que l’on peut lire parfois, Adrien n’est pas l’inventeur du nom, il l’a retrouvé dans les textes anciens.

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Sennachérib (Musée du Louvre)

Hérodote (cinquième siècle avant l’ère commune)

Clio, livre I – 106

Les Mèdes en vinrent alors aux mains avec les Scythes ; vaincus dans le combat, ils furent destitués de leur suprématie, et les Scythes se répandirent sur l’Asie tout . De là, ils se dirigèrent vers l’Egypte. Mais, quand ils furent dans la Syrie de Palestine, Psammétichos roi d’Egypte vint au-devant d’eux, et par des présents et des prières les détourna de pousser plus avant. Lorsque, en faisant retraite, ils furent parvenus à la ville syrienne d’Ascalon, la plupart des Scythes passèrent outre sans causer de dégât.

Euterpe, livre II-106

Des stèles que le roi d’Egypte Sésostris dressait dans les différents pays, la plupart ne sont plus visibles et ne subsistent plus ; toutefois dans la Syrie Palestine, j’en ai vu moi-même qui existent encore, portant les inscriptions dont j’ai parlé et les parties sexuelles de la femme.

Thalie, livre III-5

C’est par là seulement que s’offre une voie d’accès en Egypte. De la Phénicie aux confins de la ville de Cadytis (Gaza), le pays appartient aux Syriens qu’on appelle Syriens de Palestine.

Livre III-91

A partir de la ville de Posidéon, qu’Amphilochos fils d’Amphiaraos fonda sur les confins des Ciliciens et des Syriens, à commencer à partir de cette ville jusqu’à l’Egypte, exception faite du pays des Arabes (car ce territoire était exempt), le tribut prélevé était de trois cent cinquante talents) ; ce département comprend toute la Phénicie, la Syrie appelée Palestine et Cypre….

(A noter, le territoire des Arabes n’est pas la Palestine).

Melpomène, livre IV-40

Jusqu’à la Phénicie, à partir de la Perse, il y a une large étendue de pays ; à partir de la Phénicie, la péninsule s’allonge à travers cette mer-ci suivant les côtes de la Syrie Palestine et de l’Egypte, où elle se termine…

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Polymnie, livre VII- 89

Les Phéniciens avec les Syriens de Palestine en fournissaient trois cents, équipés comme il suit…..

Ces Phéniciens habitaient jadis, à ce qu’ils disent eux-mêmes, sur les bords de la mer Erythrée ; de là, ils passèrent en Syrie, où ils habitent le littoral ; ce canton de la Syrie et tout le pays qui s’étend jusqu’à l’Egypte s’appellent Palestine.

Le mot Erythrée veut dire rouge en grec. La mer Erythrée n’est pas forcément notre actuelle Mer Rouge, c’est l’Océan Indien dont la Mer Rouge était considérée comme un bras par les Grecs.

Hérodote: Histoires: texte traduit par Ph.-E Legrand, éditions « Les Belles Lettres, Paris-1962

Aristote (384 – 322)

évoque aussi de la Palestine à propos de la Mer de Sel, dans ses Météorologiques, livre II, ch. III § 39

 

S’il est vrai, comme quelques-uns le racontent, qu’il y a dans la Palestine un lac de telle nature que si l’on y jette un animal ou un homme garrotté, il y surnage et ne s’enfonce pas sous l’eau, ce serait un témoignage de plus de ce que nous disons ici; car on assure que l’eau de ce lac est tellement amère et tellement salée qu’aucun poisson n’y peut vivre, et qu’il suffit d’y agiter les vêtements en les y trempant pour les nettoyer.

En guise de conclusion, voir cette vidéo

http://www.youtube.com/watch?v=yAI6hAWlqBY&feature=player_embedded#



11 septembre

 

New York, New York

Par Myriam Jaoui

 

 

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Non ce n’est pas une reprise d’une chanson de Liza Minelli. En ce jour du 11 septembre 2011, 10 ans après les attentats qui ont causé  la mort de plus de 3000 personnes, il est difficile de ne pas penser a la haine toujours aussi grandissante des jihadistes et autres fanatiques islamistes envers le monde libre. Pendant les  10 ans qui ont suivi ce massacre, les palestiniens  en ont célébré des attaques terroristes dont ils sont fiers d’avoir commandité, leur haine envers Israël et les Etats-Unis n’a jamais cessé, bien au contraire.

 

Le 11 septembre 2001, les palestiniens étaient les premiers à   »célébrer  » ce carnage, dansaient dans les rues et distribuaient des bonbons.

En 10 ans,, rien n’a changé, ils continuent de danser des qu’un attentat est commis contre des civils israéliens ou idolâtrent leur martyr mort en «  héros  ».

Terroriser, tuer , massacrer est le sens de leur vie . Dans un sondage paru en mai 2011, 28 % des palestiniens apportent leur soutien à Al Qaïda. 

Alors pourquoi dans 9 jours (le 20 septembre prochain), dans la même ville ou le terrorisme a frappé, en plein coeur  de New York, symbole du monde libre, de la démocratie, de la réussite, un état palestinien va t-il être proclamé ?

Comment l’ONU peut-elle reconnaître un état terroriste ? C’est une insulte pour toutes les victimes du terrorisme dans le monde.

Que ce soit à New York, a Bombay ou à Itamar la même haine, la même volonté de tuer , la même pulsion de détruire !

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Les victimes du massacre d’Itamar; leur assassinat aussi a été fêté

Il y a dix ans les palestiniens se réjouissaient de ce massacre et si l’attentat avait lieu maintenant ils se réjouiraient encore.

L’ONU n’a t-elle rien retenu de cette horreur ? Comment attribuer un état à des partisans d’Al Qaida  et du jihad islamiste ?

Ne cherchons pas trop loin, la volonté de  délégitimer d’Israël est tellement forte que l’ONU préfère légitimer les terroristes.

Plus de 3000 personnes sont mortes à cause de la haine fanatique qu’ils veulent mettre sur un piédestal le 20 septembre prochain. 

Quel paradoxe !

Aujourd’hui ils commémorent et rendent hommage aux victimes du 11 septembre 2001 et le 20 septembre 2011 ils fêteront le terrorisme à l’ONU, « cette maison de l’obscurité » comme la nommait le Rabbi Loubavitch.

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Décidément la chanson  » New York, New York  » n’a plus le même refrain .

 

 



Jean Jaurès et Dreyfus

Jean Jaurès et l’affaire Dreyfus

Publié sur Facebook par Raymonde Reznikov pour la date anniversaire de la révision, par la Cour de Cassation, du jugement du Conseil de Guerre de Rennes.

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La « Une » du quotidien Le Matin, datée du vendredi 13 juillet 1906

 

Texte paru le 10 août 1898 dans La Petite République

« Un exemplaire de l’humaine souffrance… »

 

Au contraire des nationalistes qui veulent garder de la légalité bourgeoise tout ce qui protège le Capital et livrer aux généraux tout ce qui protège l’homme, nous, socialistes révolutionnaires, nous voulons, dans la légalité d’aujourd’hui abolir la portion capitaliste et sauver la portion humaine. Nous défendons les garanties légales contre les juges galonnés qui les brisent, comme nous défendrions au besoin la légalité républicaine contre des généraux de coup d’État.

Oh ! je sais bien encore, et, ici, ce sont des amis qui parlent : « Il ne s’agit pas, disent-ils, d’un prolétaire ; laissons les bourgeois s’occuper des bourgeois. »

Et l’un d’eux ajoutait cette phrase, qui je l’avoue m’a peiné : « S’il s’agissait d’un ouvrier, il y a longtemps qu’on ne s’en occuperait plus. »

Je pourrais répondre que si Dreyfus a été illégalement condamné et si, en effet, comme je le démontrerai bientôt, il est innocent, il n’est plus ni un officier ni un bourgeois : il est dépouillé, par l’excès même du malheur, de tout caractère de classe ; il n’est plus que l’humanité elle-même, au plus haut degré de misère et de désespoir qui se puisse imaginer.

Si on l’a condamné contre toute loi, si on l’a condamné à faux, quelle dérision de le compter encore parmi les privilégiés. Non : il n’est plus de cette armée qui, par une erreur criminelle, l’a dégradé. Il n’est plus de ces classes dirigeantes qui par poltronnerie d’ambition hésitent à rétablir pour lui la légalité et la vérité. Il est seulement un exemplaire de l’humaine souffrance en ce qu’elle a de plus poignant. Il est le témoin vivant du mensonge militaire, de la lâcheté politique, des crimes de l’autorité.

Certes, nous pouvons, sans contredire nos principes et sans manquer à la lutte des classes, écouter le cri de notre pitié : nous pouvons dans le combat révolutionnaire garder des entrailles humaines ; nous ne sommes pas tenus, pour rester dans le socialisme, de nous enfuir de l’humanité.

Et Dreyfus lui-même, condamné à faux et criminellement par la société que nous combattons, devient, quelles qu’aient été ses origines, et quel que doive être son destin, une protestation aiguë contre l’ordre social. Par la faute de la société qui s’obstine contre lui à la violence, au mensonge et au crime, il devient un élément de Révolution.

 

Jean Jaurès, La Petite République, 10 août 1898

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 Le Matin (suite)

Les « contres »

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Journal La Croix du samedi 14 juillet 1906

Hypocrisie et commentaire fielleux

 

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Journal l’ Eclair du samedi 14 juillet 1906

Haine et dépit

Note: cliquer sur les images pour les agrandir



Israël, mai 1948

Proclamation de l’Etat d’ Israël

A la Une des quotidiens

Présenté par Neutrinos

(Documents d’archives de l’auteur)

 

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L’Humanité

Samedi 15 mai 1948

A la Une

Tel-Aviv, 14 mai

J’ai assisté cet après-midi à la proclamation solennelle d’Israël, le nouvel Etat juif, en lutte pour sa vie dès le moment de sa naissance. Pendant que Ben Gourion, premier Président du Conseil d’Israël, et d’autres dirigeants politiques faisaient à Tel-Aviv leurs déclarations devant le Conseil d’Etat provisoire de trente-sept personnes, la « Légion » transjordanienne, contrôlée par les Anglais, attaque les village juifs et démontre à Kvar-Izion que l’armée juive (la Haganah) n’est pas encore prête pour faire face effectivement aux forces mécanisées commandées par des officiers anglais…..

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C’est cette situation militaire très dangereuse qui rehausse l’initiative du peuple juif affirmant son indépendance.

Le Parti Communiste, dans une déclaration de son Comité Central dit aujourd’hui :

« Le mandat taché de sang est liquidé par la lutte héroïque du peuple juif pour son indépendance et par l’aide de l’Union Soviétique et de toutes les forces démocratiques du monde.

Mais cette lutte pour l’indépendance n’est pas encore terminée. Les armées anglaises restent sur le sol d’Israël et la Légion Arabe attaque. Il nous faut mobiliser toutes les forces du peuple juif pour la lutte en faveur de sa liberté. »

 

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Le Figaro

Samedi 15 mai 1948

A la Une

A peine était connue la nouvelle de la proclamation de l’Etat indépendant d’Israël que les forces arabes, représentées notamment par deux colonnes de l’armée régulière égyptienne, franchissaient la frontière palestinienne. En même temps, les troupes de la Ligue arabe quittaient leurs bases de départ en Transjordanie et pénétraient en Terre Sainte. La guerre attendue depuis plusieurs semaines et annoncée maintes fois prématurément, est maintenant officielle, et les premières dépêches qu’on lira ci-après semblent indiquer que toutes les forces arabes y participent.

 

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Suite de l’article du Figaro, extraits :

Amman, 14 mai (U.P)

On déclare dans les milieux dignes de foi que la plupart, pour ne pas dire la totalité des 10.000 hommes composant la Légion arabe, ont franchi le Jourdain et sont entrés en Palestine…

Selon les informations du Caire, puisées aux meilleures sources, les armées de cinq pays arabes vont entrer incessamment en Palestine sans qu’une déclaration de guerre soit expressément formulée.

 

Flushing Meadows, 14 mai. (A.F.P.)

- Les habitants de Tel-Aviv ont été avertis d’avoir à prendre toutes les mesures nécessaires en prévision d’un bombardement ennemi et la ville est plongée dans un black-out partiel.

- Le roi Abdulah de Transjordanie a publié une proclamation royale annonçant qu’avant la fin du mandat britannique en Palestine « la déclaration Balfour a disparu ».

- La police égyptienne a commencé à arrêter les Juifs et d’autres personnes considérées comme « éléments  dangereux » et suspects de se livrer à une propagande pro-sioniste.

 

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Le Soir

(Bruxelles)

dimanche 16 mai 1948

A la Une

L’Etat d’Israël est reconnu par les Etats-Unis

Tandis que le Conseil de Sécurité est informé de l’agression arabe….

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Page 3

Tel-Aviv, 15 mai (A.P.)

Les forces arabes ont attaqué, samedi, par terre et par air le nouvel Etat juif de Palestine et l’ont envahi du nord au sud.

Des chasseurs bombardiers de l’armée égyptienne ont bombardé et mitraillé à plusieurs reprises l’aérodrome de Tel-Aviv, capitale provisoire d’Israël. Deux colonnes égyptiennes, comprenant de l’infanterie et de l’artillerie, ont franchi la frontière méridionale de la Palestine, et on annonce la destruction de la colonie d’Al Dangor, que ses habitants n’ont pas voulu rendre…

 

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Photo europe-israel.org

 A l’heure où, en France, l’Education Nationale veut « déformer » l’enseignement de l’Histoire, il est bon de relire ce que les journaux, témoins des évènements, rapportaient à leurs lecteurs.

 



Crime d’Eglise

Une famille juive assassinée au XIIIe siècle, a été retrouvée dans un puits en Angleterre

Article transmis par Neutrinos depuis :

http://www.terrepromise.net/?p=10821

 

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Les restes de 17 corps ont été retrouvés au fond d’un puits médiéval en Angleterre – ils pourraient avoir été victimes de persécutions, comme l’ont suggéré de nouvelles preuves. L’explication la plus probable est que ceux-ci retrouvés au fond du puits étaient des juifs et ont probablement été assassinés ou contraints à se suicider, selon les scientifiques qui ont utilisé dans leur enquête une combinaison d’analyse de l’ADN, la datation au carbone et des études chimiques sur l’os. Les squelettes remontent aux 12 e ou 13 e siècles, à une époque où les juifs étaient persécutés dans toute l’Europe. Ils ont été découverts en 2004 lors du forage d’un site dans le centre de Norwich, précédant la construction du centre commercial Chapelfield. Les restes ont été entreposés et n’ont été que récemment le sujet d’une enquête.. Sept squelettes ont été testés avec succès et cinq d’entre eux auraient une séquence d’ADN suggérant qu’ils devaient probablement appartenir à une même famille juive.

L’expert en ADN, le Dr Ian Barnes, qui a mené les tests, a déclaré:

“C’est une situation vraiment exceptionnelle pour nous, c’est toute une série unique de données que nous avons réussi à obtenir de ces individus. “A ma connaissance  cela n’a jamais été fait auparavant – que nous ayons été en mesure de les ficher à ce niveau de spécificité de groupe ethnique auquel ils sembleraient provenir. ”

Onze des 17 squelettes seraient ceux d’enfants âgés entre 2 et 15 ans. Les six autres seraient des hommes et des femmes adultes. Les photos prises au moment de l’excavation laissent penser que les corps auraient été jetés dans le puits dans le même temps, la tête la première. Un examen attentif des os des adultes a montré des fractures causées par l’impact du choc au fond du puits. Néanmoins les mêmes dommages n’ont pas été relevés sur les os des enfants, ce qui laisse suggérer qu’ils auraient été jetés après les adultes qui auraient ainsi amorti la chute de leurs corps.

source Elder of Zion

Traduction : Galila
Israel Chronique blog

 



Benjamin de Tudèle à Lunel

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Lunel

Avant d’arriver à Posquières, Benjamin de Tudèle fit escale à Lunel. Voici sa description de la cité :

Lunel est à quatre milles de Montpellier. Elle renferme une sainte assemblée de fils d’Israël, qui s’appliquent à l’étude de la loi. C’est là qu’avait résidé le maître Meschulam, ce grand docteur. Ses cinq fils sont aussi érudits que riches, savoir : les rabbins Joseph, Isaac, Jacob, Ahron et Asher l’Abstème, qui s’abstint d’occupations mondaines, s’attacha jour et nuit à l’étude, jeûna et ne mangea  jamais de viande (note : comme un parfait cathare). Ce dernier est de plus un grand talmudiste, de même que le rabbin Moïse son beau-frère ; le rabbin Samuel l’Ancien, le maître Salomon le Cohen et le docteur Yéhuda le médecin, fils de Saül ben Tibbon de Grenade en Espagne.

Tous ceux qui viennent de pays éloignés pour apprendre la Loi, sont nourris et instruits par eux. Ils reçoivent gratuitement de la communauté, tout ce qui leur est nécessaire, pour la nourriture et les vêtements pendant tout le temps qu’ils fréquentent l’Ecole. Ce sont des hommes vraiment sages et saints ; ils observent les préceptes, et secourent leurs frères, présents ou éloignés.

Lunel au reste est située à deux milles de la mer ; elle renferme à peu près trois cents fils d’Israël…

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La baronnie de Lunel

Dans son « Histoire de la ville de Lunel » publiée en 1891, Thomas Millerot donne l’origine de la seigneurie de Lunel :

C’est vers l’an 888 que la baronnie de Lunel fut érigée ; mais la rareté des actes du dixième siècle, appelé vulgairement le siècle de fer ou de l’ignorance, à cause des grandes guerres qui dévastèrent le pays et le replongèrent, en quelque sorte, dans la barbarie, ne nous a pas permis d’établir, d’une manière précise, la généalogie de ses premiers seigneurs. Nous voyons seulement, par un acte des archives municipales, que la ville de Lunel appartint d’abord à la maison d’Anduze. Un de ses membres, Bernard d’Anduze, baron de Sauve, la céda à celle des Gaucelms (à tort appelés Gaucelins), qui était une des plus puissante de la province. (…)

La cession de la ville de Lunel eut lieu à la condition que les Gaucelms la tiendraient à foi et hommage envers le seigneur de Sauve, et le suivrait à la guerre avec quatre chevaliers entretenus aux frais de ce dernier. (…)

Le premier des Gaucelms, dont il est fait mention, vivait au commencement du onzième siècle. Il nous apparaît pour la première fois, en 1007….

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Tour du château des Gaucelms

Bernard III d’Anduze avait Guilhem, duc d’Aquitaine, de Toulouse et de Septimanie, c’est à dire Guilhem de Gellone  (Guilhem au Courb-nez), pour trisaïeul. Gaucelm était son cousin.

Le dernier seigneur de Lunel, Rosselin II (Roncelin ou Rocelin), vendit en 1293, une partie de la baronnie de Lunel à un Juif nommé Thauros, ce que le pouvoir royal lui fit chèrement payer. Sans héritier direct, Rosselin légua ses possessions à un neveu par alliance, mais Philippe le Bel confisqua le domaine à son profit en 1295.

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La maison de Philippe le Bel

Calvisson

C’est pourquoi en 1304, la cité de Calvisson près de Nîmes put passer aux mains de Guillaume de Nogaret, en remerciements de ses bons et loyaux services.

La terre de Calvisson, qui appartenait à Rostaing de Posquières III, en 1125, passa ensuite dans la maison des Gaucelms de Lunel. C’est ce que nous voyons par un traité, passé le 28 avril 1179, entre le comte de Toulouse (Raymond V) et divers seigneurs du Bas-Languedoc, pour former une ligue contre Athon VI, vicomte de Nîmes, avec qui il était en guerre. Ces seigneurs, qui étaient Raymond d’Uzès, Pons Gaucelm de Lunel, et Pierre de Bernis, déclarèrent tenir en fief, du comte de Toulouse, tout ce qu’ils possédaient dans la vicomté de Nîmes : c’est à dire, Raymond d’Uzès le château et territoire d’Aimargues, Pons Gaucelm de Lunel la terre de Calvisson, et Pierre de Bernis celle de Bernis. Ensuite, ils promirent d’aider ce prince dans la guerre qu’il avait entreprise contre le vicomte de Nîmes, qui avait pour allié Alphonse II, roi d’Aragon… » (Thomas Millerot)

Mais ces hostilités entre tous ces descendants de Guilhem au Courb-nez cessèrent en 1185. Et c’est ainsi que la maison des seigneurs de Lunel devint au XIIIe siècle un lieu de rencontre privilégié pour les comtes de Toulouse, les comtes de Foix et les rois d’Aragon.

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Troubadours à Lunel

Des troubadours célèbres fréquentèrent et chantèrent Lunel. Ernest Renan, dans son Histoire littéraire de la France, tome XX, évoque l’un d’eux : le troubadour Folquet de Lunel que l’on rencontre, comme par hasard, dans la biographie d’un poète juif contemporain, Abraham, fils d’Isaac de Béziers:

 Abraham donne, dans son fameux poème intitulé : l’Epée flamboyante, une sorte d’histoire de la poésie, comme il l’entend. Après avoir parlé, dans les cent vingt premiers vers, toujours en jouant sur les mots, de sa ville natale, de son père et de ses diverses poésies, Abraham s’écrit : « Où sont les merveilles de la science et de la poésie juives ? Hier, on les trouvaient en provençal et en latin. Dans la poésie de Folquet et de ses collègues, tu recueilleras la manne ; de la bouche de Cardinal, du troëne et du nard. »

Folquet de Lunel et Peire Cardinal étaient, en effet, les contemporains d’Abraham, vieux comme lui et les derniers représentants de la poésie provençale.

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Guilhem de Montanhagol

Un troubadour a chanté Lunel, et sa dame, Gauserande, châtelaine du lieu. C’est Guilhem de Montanhagol (1233-1268). Voici son poème :

A Lunel lutz una Luna luzens

Qe donna lum totas sobre lugors !

D’aqui jois lum pren, dompneis ez amors

E gais solatz e beutatz e jovens.

E qan le lum près Lunel luzenza.

Q’enlumina daus partie Tolsa Proensa

Jois estavan e dompneis tenebros

Mas ara-is fai Lunel amdos luzir

 

Le NOM del lum es clars e resplendens,

Q’aitan vol bos als dir entendedors

Seran Gauzeranda com gai et sors

Cill qui veiran sos captenemens gais

E qe jois er donatz cui agensa malade

E qe jauzen seran de gran jauzensa

Ella e cill qe volra joios loin :

Vers le NOM es, qui est l’enten, e bos

(Le vrai Nom est bon, pour qui l’entend bien)

 

Guirautz amics, li savi de Proensa

Diga me nom del, si ls-platz, entendensa lor,

Miellz qar dizon si-n, l’ue gilos sui non,

Tan vuelh del Nom qe vailla bos sobre-is

(Guiraud ami, que les sages de Provence

S’il leur plaît, me disent leur compréhension du Nom

Car ils le disent mieux, je ne suis pas jaloux,

Tant je veux que le Nom surpasse les plus beaux)

 

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Annexe

Sur cette « stèle » on peut lire :

… Souviens-toi…

Passant, souviens-toi… du prestige de Lunel :

L’hôtel de Bernis, rare édifice du XVIIe siècle conforme aux canons de l’architecte théoricien Le Muet « hôtel entre cour et jardin » dont les parties médiévales sont du XIIe et XIII° siècles et quartier de « l’enclos de Lunel » attesté comme lieu de résidence préférentiel des Juifs au Moyen-âge, cœur et mémoire de la cité médiévale, creuset de savoirs multiséculaires…

Des sciences, des noms, des familles illustres :

Yehouda ibn Tibbon de Grenade et ses fils, Asher Meschoullam ben Jacob de Lunel et ses fils, Abraham ben David de Posquières et son fils Isaac l’Aveugle, Moïse ben Kalonymos de Lunel, Asher ben Aba Mari de Lunel – Don Astruc de Lunel ou encore En Duran de Lunel - … Une grande partie des savoirs aristotéliciens conservés en langue arabe y ont été traduits en hébreu et en langue vernaculaire par les Tibonnides au XIIe siècle pour la postérité ; la Kabbale des deux premières époques y fut enseignée, le Talmud, la Torah, le Livre de la Formation commentés, la Bible traduite de l’hébreu et de l’araméen pour les chrétiens, dans ce berceau de la tradition humaniste de la Terre Occitane, donnant ses premiers doyens à l’université montpelliéraine et des ouvrages célèbres au monde entier : le Guide des Perplexes de Maïmonide, le Livre de la Clarté… Un patrimoine, une mémoire enfouie mais toujours vivante, puisant aux sources pluriculturelles de la Méditerranée, au rendez-vous de l’Histoire de Lunel, de Posquières et de Montpellier…

Note : Le Livre de la Formation est le Sepher Yetsira, et le Livre de la Clarté, Le Bahir.

 

Sur Benjamin de Tudèle à Saint-Gilles du Gard voir :

http://montseguraucoindestemps.unblog.fr/2011/03/06/saint-gilles-du-gard/

Pour plus d’images: voir les albums sur Posquières (Vauvert), Saint-Gilles et Lunel

 



Yeshoua qui ?

Questions d’histoire

Par Neutrinos

La semaine passée, sur un site d’informations concernant le Moyen-orient, une dame se disant « Juive messianique » a cru bon trouver un espace publicitaire rêvé pour faire la promotion de sa secte, en prédisant le retour d’un certain Yeshoua (sic), et ce au milieu de commentaires sur un tout autre sujet.

J’aurais aimé riposter sur le champ (de bataille) mais des obligations m’en ont empêché. Lorsque je suis revenu sur le site, le modérateur avait sévi et la tentative de prosélytisme de la dame avait sombré sous une avalanche de « pouces rouges ». Je précise que cette personne a par la suite présenté des excuses, arguant qu’elle n’avait pas compris le règlement.

On peut se demander aussi, si elle avait bien compris de quoi elle parlait…

Voici en substance les questions que j’aurais aimé poser à cette missionnaire :

1) Lorsqu’elle évoque un certain Yeshoua qui doit revenir, s’agit-il du successeur de Mosheh (Moïse), du grand prêtre du retour de la captivité à Babylone, ou encore d’un individu ayant emprunté son nom et celui des personnages de son environnement familial aux deux précédents ?

Serait-ce d’après les apologistes au service de la secte, l’individu qui a réussi l’exploit d’être né deux fois à dix ans d’intervalle : une fois sous Hérode le Grand décédé avant l’an 749 de Rome, et une autre fois dix ans plus tard lors du recensement de Quirinius. De plus, le personnage né lors du recensement aurait eu un cousin, Jean, de six mois plus âgé que lui, mais né au temps du fameux roi Hérode, c’est à dire dix ans plus tôt, d’après le même chroniqueur, un certain Luc…

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(yapafoto.unblog.fr)

Pour corser l’affaire, le même Luc déclare que son héros, né lors du recensement, avait 30 ans l’an quinze du principat de Tibère, c’est à dire 23 ans plus tard. Il serait mort à l’âge de 33 ans, alors qu’un autre chroniqueur, Jean, prétend qu’il aurait frisé la cinquantaine lors de sa mort…

Question à un euro :

Comment concilier ces éléments biographiques contradictoires ?

Sur les imprécisions du dénommé Luc, voir aussi :

http://montseguraucoindestemps.unblog.fr/2010/03/02/paulifolies/

Aberration génétique !

Ce personnage, né de père inconnu, se prétendait descendant du roi David. Pour remonter jusqu’à cet illustre ancêtre, ses biographes présentent deux généalogies différentes de son … père adoptif ; généalogies totalement inconciliables puisque l’une d’elle saute quatorze générations, soit trois à quatre siècles : une bagatelle ! Elles ne s’accordent même pas sur l’identité du grand-père, Jacob ou Hélie ?

Question :

Pourquoi donner la généalogie par les ascendants de l’artisan en charpentes, puisque celui-ci n’est pas le père ; et pourquoi tant de différences entre les deux chroniqueurs ?

(Matthieu 1, 1-16 et Luc 3, 23-28)

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Un peu d’humour

Le héros de l’aventure, éminent botaniste, prétend que le sénevé (moutarde) est un arbre. Il fait dessécher un figuier qui avait l’audace de ne pas donner de fruit hors saison ; étonnant de la part d’un personnage d’aussi haut lignage !

Voir: http://montseguraucoindestemps.unblog.fr/2010/01/07/moutarde-evangelique/

Plus fort, ce camelot de foire possède d’autres talents. Il réussit à faire s’envoler depuis une montagne, une escadrille de 2000 cochons, qui se jetèrent dans le lac Kinéreth situé, soit à 10, soit à 50 km du lieu de leur décollage, selon les différents chroniqueurs.

Voir: http://montseguraucoindestemps.unblog.fr/2010/06/21/histoires-de-cochons/

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Chronologies inconciliables

C’est dans le récit de la mort du personnage que l’on rencontre les plus graves invraisemblances, anomalies et contradictions. L’hurluberlu dérangeait, paraît-il ; son sort est réglé en 24 heures, en pleine fête de la Pâque, par deux ou trois juridictions différentes.

La date : 14 ou 15 Nissan ?

Le Grand Prêtre : Anne ou Caïphe ?

« Les impossibilités juridiques sont encore plus graves. Il était illégal de faire siéger un tribunal de nuit pour un procès criminel, de même la veille d’une fête, à plus forte raison pendant la Pâque. » (Michel Gozard)

On nous raconte que le Grand Prêtre et tout le Sanhédrin violèrent les prescriptions de la nuit la plus sacrée, tout comme le triste héros de l’affaire et ses copains, qui allèrent prendre le frais dans un jardin municipal.

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Relevée dans l’ouvrage de Michel Gozard: Jésus ? Une histoire qui ne peut pas être de l’histoire, cette belle invraisemblance:


En voici une seule de belle taille. Matthieu (27, 62-66) nous raconte ceci: pour ne pas que les disciples dérobent le corps de Jésus afin de faire croire à sa résurrection, des grands prêtres et des pharisiens seraient allés voir Pilate pour réclamer une garde auprès du tombeau. Quand cela se passe-t-il ? “le lendemain, qui était le jour après la Préparation”, c’est à dire le jour du sabbat! A qui fera-t-on croire que ce jour-là (où il ne faut se livrer à aucune activité profane), des grands prêtres (censés être au Temple à ce moment-là) et des pharisiens (gens obsédés par les interdits rituels) ont pu s’assembler chez Pilate (alors que la fréquentation des non-Juifs est à éviter), se rendre ensuite avec des gardes romains auprès d’un tombeau (lieu d’un haut degré d’impureté) pour y mettre des scellés ? Et ça après avoir vérifié la présence du corps et son identité, sinon toute l’opération est inutile. En faisant violer le sabbat par des autorités religieuses le rédacteur a oublié le bon sens le plus élémentaire et, avec lui, des générations de lecteurs, car peu de monde a relevé la consternante naïveté de cet épisode.

 Voir à ce propos : http://montseguraucoindestemps.unblog.fr/2010/03/31/de-paque-a-paques/

Alors que de questions restées sans réponses, si ce n’est des insultes, des anathèmes ou des arguments mielleux.

On espère aussi des réponses de la part des chantres du dialogue inter-religieux, face à 1600 ans de persécutions pour une fiction. Elle a été chère payée la négligence des responsables de jadis qui ont laissé courir le canard sans élever de protestations alors qu’ils savaient. Elle est retombée en pluie de sang sur des millions de victimes.

On attend les « autorités » concernées qui auront le courage de monter à la tribune médiatique pour dénoncer une imposture sur laquelle, par laquelle, et grâce à laquelle, une autre s’est édifiée. C’est ce nettoyage-là qui libèrera l’humanité d’un cercle  infernal de terreur.

Deux chancres se sont greffés sur un même tronc, les propriétaires de l’arbre ont le pouvoir de les éliminer car ils disposent de tous les éléments pour le faire à condition qu’ils le veuillent, et qu’ils osent.

 

Bibliographie :

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Nicolas Bourgeois, Une invention nommée Jésus, éditions Aden 2008

http://www.uneinventionnommeejesus.fr/index.php?

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Michel Gozard, Jésus, une histoire qui ne peut pas être de l’histoire, Publibook 2003

http://www.publibook.com/boutique2006/auteur.php?auteur=3423

Voir aussi :

http://www.bible.chez-alice.fr/h02.htm

 



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