Jean Jaurès et Dreyfus

Jean Jaurès et l’affaire Dreyfus

Publié sur Facebook par Raymonde Reznikov pour la date anniversaire de la révision, par la Cour de Cassation, du jugement du Conseil de Guerre de Rennes.

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La « Une » du quotidien Le Matin, datée du vendredi 13 juillet 1906

 

Texte paru le 10 août 1898 dans La Petite République

« Un exemplaire de l’humaine souffrance… »

 

Au contraire des nationalistes qui veulent garder de la légalité bourgeoise tout ce qui protège le Capital et livrer aux généraux tout ce qui protège l’homme, nous, socialistes révolutionnaires, nous voulons, dans la légalité d’aujourd’hui abolir la portion capitaliste et sauver la portion humaine. Nous défendons les garanties légales contre les juges galonnés qui les brisent, comme nous défendrions au besoin la légalité républicaine contre des généraux de coup d’État.

Oh ! je sais bien encore, et, ici, ce sont des amis qui parlent : « Il ne s’agit pas, disent-ils, d’un prolétaire ; laissons les bourgeois s’occuper des bourgeois. »

Et l’un d’eux ajoutait cette phrase, qui je l’avoue m’a peiné : « S’il s’agissait d’un ouvrier, il y a longtemps qu’on ne s’en occuperait plus. »

Je pourrais répondre que si Dreyfus a été illégalement condamné et si, en effet, comme je le démontrerai bientôt, il est innocent, il n’est plus ni un officier ni un bourgeois : il est dépouillé, par l’excès même du malheur, de tout caractère de classe ; il n’est plus que l’humanité elle-même, au plus haut degré de misère et de désespoir qui se puisse imaginer.

Si on l’a condamné contre toute loi, si on l’a condamné à faux, quelle dérision de le compter encore parmi les privilégiés. Non : il n’est plus de cette armée qui, par une erreur criminelle, l’a dégradé. Il n’est plus de ces classes dirigeantes qui par poltronnerie d’ambition hésitent à rétablir pour lui la légalité et la vérité. Il est seulement un exemplaire de l’humaine souffrance en ce qu’elle a de plus poignant. Il est le témoin vivant du mensonge militaire, de la lâcheté politique, des crimes de l’autorité.

Certes, nous pouvons, sans contredire nos principes et sans manquer à la lutte des classes, écouter le cri de notre pitié : nous pouvons dans le combat révolutionnaire garder des entrailles humaines ; nous ne sommes pas tenus, pour rester dans le socialisme, de nous enfuir de l’humanité.

Et Dreyfus lui-même, condamné à faux et criminellement par la société que nous combattons, devient, quelles qu’aient été ses origines, et quel que doive être son destin, une protestation aiguë contre l’ordre social. Par la faute de la société qui s’obstine contre lui à la violence, au mensonge et au crime, il devient un élément de Révolution.

 

Jean Jaurès, La Petite République, 10 août 1898

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 Le Matin (suite)

Les « contres »

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Journal La Croix du samedi 14 juillet 1906

Hypocrisie et commentaire fielleux

 

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Journal l’ Eclair du samedi 14 juillet 1906

Haine et dépit

Note: cliquer sur les images pour les agrandir



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